Editorial |
Anglais et globalisation: une association
fréquente. Si au nord de lEurope langlais joue
depuis longtemps un rôle important, dans le sud cette position
était lapanage du français, aujourdhui
menacé par lavancée de langlais.
Cette évolution internationale na pas épargné
la Suisse. Il semble en effet que bien des Romands préfèrent
sexprimer en anglais plutôt quen allemand, et
les suisses alémaniques feraient de même. Les Tessinois,
par contre, préfèrent encore le français.
Quoique cette tendance ne soit pas du goût de tout le monde,
limportance de langlais pour léconomie,
la science et la technologie est indéniable. Langlais
est parfois considéré comme une simple langue dusage,
surtout pour la nouvelle économie, porteuse dune
culture américaine populaire, et certains voient dans sa
percée une menace pour lunité nationale. On
prétend aussi quapprendre langlais a des finalités
économiques alors que le français et, en
moindre mesure, lallemand- seraient étudiés
dans une optique denrichissement personnel et culturel.
Mais réduire lapprentissage de langlais à
des fins purement utilitaires, comme le fait quelque auteur de
ce Babylonia, nest pas fondé. Langlais ne permet
pas seulement daccéder à une culture populaire
et triviale: il ouvre les portes des pays anglophones traditionnels
ainsi que des pays où aujourdhui on parle anglais.
Que dopportunités pour le développement dune
sensibilité multiculturelle !
Souvent les enseignants de langues réagissent de manière
hostile à linfluence de langlais et à
sa croissante présence parmi les jeunes. Les articles de
ce numéro de Babylonia montrent la richesse de langlais
et son importance pour la Suisse, et contiennent de nombreuses
pistes didactiques. Comme Babylonia veut jeter des ponts entre
les différentes langues et cultures, nous espérons
que ce numéro, conçu à lintérieur
de la série dédiée aux langues en Suisse,
puisse être lu et apprécié par tous les enseignants..
La rédaction
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