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Quand les langues
se confrontent, quest-ce quelles se racontent?
des histoires de rencontre
Véronique Castellotti
Tours
Seit Sprachen gelernt und unterrichtet werden, gibt die Beziehung
zwischen der gelernten und der bereits beherrschten Sprache Anlass
zur Reflexion und wirkt sich manchmal widersprüchlich auf
die Lernenden aus. Mehrere in den letzten Jahren durchgeführte
Untersuchungen, nehmen diese Problematik wieder auf und analysieren
wie die jungen Lernenden Sprachkontakte wahrnehmen und wie sie
damit umgehen.
In diesem Beitrag wird auf einige Strategien eingegangen, welche
junge Lernende, die mit den Lernverfahren des éveil
aux langues vertraut sind, beim Umgang mit einem anfänglich
unverständlichen Text anwenden. Das Interesse richtet sich
insbesondere auf ihre Art, Indikatoren (etwa für das Verständnis)
zu finden und zu verarbeiten indem auf die eigenen sprachlichen
Erfahrungen (in L1 oder in anderen Sprachen) zurückgegriffen
wird.
Eine solche Sprachtätigkeit, die auf die Sprachvorstellungen
der Lernenden Bezug nimmt und mit der Produktion der Zielsprache
verbunden ist, trägt zur Erarbeitung von Strategien des zwischensprachlichen
Austauschs bei und führt zur Konstruktion von Mehrsprachigkeitskompetenzen.
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Depuis quon apprend et quon enseigne des langues
étrangères1, les relations entre la langue en cours
dapprentissage et celle(s) antérieurement acquise(s)
occupent largement les réflexions des enseignants et des
didacticiens et sont la source dinjonctions parfois contradictoires
pour les apprenants.
Plusieurs enquêtes et travaux de recherche entrepris ces
dernières années, en collaboration avec Danièle
Moore pour la plupart, me conduisent à revisiter ici cette
question, selon un point de vue qui vise à expliciter la
façon dont de jeunes apprenants perçoivent et gèrent
certains contacts linguistiques auxquels ils sont confrontés.
Leurs productions, véritables indices de représentations
en émergence, invitent à sappuyer sur ces
représentations, à en tirer parti, à les
faire évoluer en facilitant lélaboration de
stratégies de passages et déchanges interlinguistiques
susceptibles de favoriser la construction de compétences
plurilingues.
1. Quelques préalables sur le
rôle de la L12 dans laccès à dautres
langues
Les chercheurs menant régulièrement des observations
en classe de langue sont unanimes à le reconnaitre: la
langue 1 y est largement présente, dans les productions
des élèves comme, dans une moindre mesure, dans
celles des enseignants; en outre, même lorsquelle
nest pas présente dans les productions attestées,
les apprenants reconnaissent y faire fréquemment référence.
Je ne reviendrai pas ici sur le détail des différentes
fonctions quelle peut remplir, déjà abondamment
décrites (voir notamment Van Lier 1995, Moore 1996, Castellotti
2001), mais je résumerai très brièvement
quelques-unes des grandes lignes qui sen détachent:
La L1 occupe à lévidence des fonctions
dordre cognitif; de nombreux travaux portant sur la construction
des apprentissages soulignent limportance de lancrage
dans le déjà connu; dun point de vue linguistique,
et plus encore dans le cas dapprenants monolingues, pour
lesquels elle constitue la seule expérience langagière
antérieure, la L1 sert à la fois de ressource, dappui
et de tremplin pour les nouveaux apprentissages;
Dun point de vue communicatif, la L1 constitue bien
souvent le relais qui permet, autorise et maintient la communication
en classe, en alternant de diverses manières avec la langue
en cours dapprentissage;
Sur le plan identitaire enfin, la L1 offre aux apprenants
un espace de survie, de connivence et déchange qui
échappe partiellement au contrôle institutionnel
(voir aussi Moore & Simon 2002). [...]
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