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Lenseignement
des langues étrangères: questions defficacité
et de justice sociale
François Grin
Genève
Die Idee, dass es sich sowohl für die Individuen als auch
für die Gesellschaft lohne, Sprachen zu lernen, geniesst
in der Schweiz noch eine breite Zustimmung. Die Gründe dazu
haben sich gewandelt, es überwiegen nun eher die ökonomischen.
Auch werden sie zunehmend in Frage gestellt, wie auch die Sprachpolitik
in unserem Lande grundlegend diskutiert wird. Deshalb ist es notwendig,
die empirische Basis der ganzen Diskussion zu überdenken
und insbesondere der Fragen der Nachhaltigkeit und der sozialen
Gerechtigkeit von Fremdsprachenunterricht nachzugehen: Was haben
wir für Daten, die die Überzeugung stützen, dass
Fremdsprachlernen sinnvoll sei? Und wenn solche Daten verfügbar
sind, können wir davon ausgehen, dass der Nutzen allen Mitgliedern
der Gesellschaft zu Gute kommt?
Der Autor geht diese Fragen zuerst aus der ökonomischen Perspektive
an. Auf u.a. eigene differenzierte Studien zurückgreifend,
kommt er zum Schluss, dass das Studium der Fremdsprachen ohne
Zweifel eine gute Allokation darstellt, andererseits aber damit
auf keinen Fall die Priorität des Englischen legitimiert
werden kann. Auch die Antwort auf die zweite Frage fällt
im Sinne eines Mehrs an sozialer Gerechtigkeit positiv aus. Im
Hinblick auf den schulstrukturellen Kontext und auf die didaktische
Dimension, werden am Schluss aber noch einige für die Diskussion
und die Forschung grundlegende Fragen gestellt. (Red.)
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1. Introduction
Il existe en Suisse un large consensus autour de lidée
que lenseignement et lapprentissage des langues étrangères
constitue, de la part des individus comme de la société
dans son ensemble, un effort pleinement justifié1. En dautres
termes, on saccorde à penser que cest là
un usage judicieux des ressources disponibles quil
sagisse des deniers publics ou du temps des grilles horaires
des écoliers.
Toutefois, cette perception demeure souvent basée sur des
considérations fort générales. Voici quelques
décennies, de telles considérations auraient surtout
reposé sur lidée que la maîtrise dune
ou deux autres langues, en plus de sa langue maternelle, fait
partie de la culture de lhonnête homme. À lheure
actuelle, ce sont plutôt des préoccupations à
caractère marchand qui font mouche: savoir langlais
et une langue nationale serait une garantie demploi et le
passeport vers des emplois mieux payés. Enfin, traversant
les époques, laccès aux autres cultures (accès
dont la compétence linguistique serait sinon la condition,
du moins loutil privilégié) constitue une
autre justification de cet effort dapprentissage.
Une facette du consensus est aujourdhui remise en cause:
cette remise en cause concerne lordre dans lequel deux langues
étrangères (langue nationale et anglais) sont enseignées.
Derrière cette interrogation sen profile bien évidemment
une autre quil serait futile de vouloir escamoter, à
savoir la question, autrement plus sérieuse, de la simple
légitimité reconnue aux langues nationales dans
les grilles horaires (puisque la présence, sinon la préséance
de langlais ne semble plus faire de doute pour personne).
Ainsi, les contenus de notre politique denseignement des
langues étrangères sont en discussion, bien que
le principe de lenseignement dau moins une langue
étrangère soit intact. On notera au passage que
tel nest plus le cas dans certains pays anglophones, où
se généralise le caractère purement facultatif,
dans les systèmes éducatifs, de lapprentissage
de langues autres que langlais et cela, même
pour des personnes poursuivant des études longues. Cest
là un point sur lequel je reviens à la fin de ce
texte.
Ces interrogations interpellent les bases conceptuelles et empiriques
du consensus. Elles mettent en évidence la nécessité
de le réexaminer au moins sous les deux angles suivants:
(1) premièrement, sur quels critères et sur quels
faits empiriques (cohérents par rapport à ces critères)
ce consensus se base-t-il? En dautres termes, notre perception
que lenseignement des langues étrangères en
vaut la peine est-elle fondée? Quen savons-nous exactement?
Sur quelle base pouvons-nous affirmer que telle ou telle langue
mérite dêtre enseignée, et quel niveau
de compétence devrions-nous viser, sinon atteindre?
(2) deuxièmement, même si lon peut établir,
en réponse à la question ci-dessus, que lapprentissage
de telle(s) ou telle(s) langue(s) constitue, pour la société
dans son ensemble, un usage efficace des ressources, peut-on également
être sûr que tous les membres de la société
en profitent? [...]
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