|
Une nouvelle
langue au secondaire II: quelle continuité avec les apprentissages
précédents?
Victoria Béguelin-Argimón
Lausanne
|
Pendant des années, on a parlé denseignement
des langues secondes en général. Or, la recherche
a démontré que lapprentissage de la première
langue étrangère diffère fondamentalement
de celui dune deuxième, dune troisième
voire dune quatrième langue étrangère,
car il sagit dans ces derniers cas de processus plus complexes,
influencés par les apprentissages précédents.
Les individus qui sont confrontés à une deuxième
langue étrangère sont des apprenants plus expérimentés,
ont davantage de stratégies et possèdent une conscience
métalinguistique plus élevée que ceux qui
doivent faire face à lapprentissage de la première
langue étrangère (Cenoz / Jessner, 2000: IX-X).
Ils ont également acquis des compétences précises
pour développer un nouveau système langagier (Herdina
/ Jessner, 2000: 92).
En entamant, donc, une nouvelle langue au secondaire II, les élèves
arrivent munis dun bagage de connaissances, de compétences
et dattitudes à des niveaux multiples quils
ont intériorisées aussi bien grâce à
acquisition de leur langue maternelle quà leurs apprentissages
de la langue de scolarité pour les élèves
allophones et / ou des langues étrangères
à lécole obligatoire. On peut affirmer que
chez ces individus un système plurilingue sest mis
en place. Quils en soient plus ou moins conscients ou non,
ils ne gardent pas chaque langue dans un compartiment mental étanche
mais ont développé une compétence communicative
globale dans laquelle les langues entrent en relation les unes
avec les autres et interagissent (Cadre européen commun
de référence, 2001: 11). Il faudra donc tenir compte
de ces acquis et les mettre à profit pour faciliter laccès
à la nouvelle langue, éviter des redondances et
assurer une continuité. Tous ces paramètres demanderont,
par conséquent, des adaptations par rapport aux curricula,
aux objectifs, aux approches et aux ressources proposés.
Notre article vise à présenter brièvement
un tour dhorizon sur cette problématique et à
suggérer quelques pistes daction.
Tour dhorizon
Le Cadre européen commun de référence pour
les langues (CECR, 2001) reflète des changements profonds
quant aux buts de lapprentissage / enseignement des langues:
on ne vise plus une maîtrise parfaite des langues étudiées
et le modèle nest plus celui du locuteur natif
idéal (CECR, 2001: 11). Il sagirait plutôt
de construire chez lapprenant une compétence
plurilingue et pluriculturelle qui englobe lensemble du
répertoire langagier à disposition (CECR,
2001: 129). La notion de compétence partielle trouve dans
ce contexte sa place et sa justification. Un autre point fort
de ce changement de perspective est limportance accordée
à lélargissement de cette compétence
langagière globale tout au long dune vie, doù
le besoin de développer lautonomie chez les apprenants1
(CECR, 2001: 11) [...]
|