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Lavant-projet
de loi sur les langues et la compréhension: il reste du
chemin à parcourir

François Grin
Genève
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Plus de cinq ans et demi: voilà le temps quil aura
fallu à ladministration fédérale, depuis
ladoption par le peuple, en mars 1996, du nouvel article
constitutionnel sur les langues (ex-Art. 116, dorénavant
Art. 70 dans la nouvelle Constitution fédérale)
pour livrer un avant-projet de loi sur les langues (LLC).
Même si chacun sait que lengagement de la Confédération
est confiné à détroites limites (fédéralisme
oblige), les citoyens étaient en droit despérer,
après une aussi longue attente, un document qui témoigne
dune véritable réflexion sur la question des
langues en Suisse. Malheureusement, ce laborieux processus, porté
par dexcellentes intentions, naura fini par livrer
quun résultat bien maigre, un peu comme la montagne
qui accouche dune souris. Toutefois, le vrai problème
nest pas là; le vrai problème, cest
que la souris est plutôt anémique et mal fagotée.
La place fait ici défaut pour une analyse détaillée
du texte de lavant-projet, mais quelques paragraphes suffisent
à mettre en évidence divers problèmes. On
peut les ranger en trois catégories: ceux qui touchent
à ce que le texte dit; ceux qui touchent à ce que
le texte ne dit pas; et ceux qui touchent aux modalités
de son élaboration.
Pour ce qui a trait au texte lui-même, on relèvera
tout dabord une architecture assez mal assurée: au
gré de ses articles, lavant-projet mélange
des dispositions générales, des dispositions à
caractère très sectoriel, des mesures réglementaires,
des mesures incitatives et un projet spécifique de développement
(la création dune institution dencouragement
au plurilinguisme).
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